• La Provence à pied 9

    M'avez-vous fait plaisir, en partageant mes textes?

     

    La Provence à pied 9

     

    Pagnol a bon dos

    Le circuit Pagnol commence à La Treille, au nord de l’agglomération marseillaise 

    Pagnol y a séjourné, et a été enterré dans le petit cimetière de ce village qu’il aimait

    Un casse dans la garrigue

     

    La Provence à pied  9

    Randonnée hors du commun, organisée par une orfèvre en la matière, il faut le dire, et ainsi rendre à une méritante ce qui lui revient de juste droit. (Je vous la ferai connaitre plus tard, elle vaut le détour). Eh oui, elle tient à rester une groupie anonyme.

    Tous les sens furent mis à contribution : paysages sauvages, senteurs capiteuses, échos des voix enchantées par tant de splendeurs. Dans ce décor à la Pagnol, notre guide –sœur cadette de Mireille Mathieu- récita des morceaux choisis du grand homme et s’entraina à renouveler sa gamme de trémolos, en vue de l’ouverture prochaine de la saison. 

    Tout ceci peut paraitre d’un banal à bailler. En effet, quoi d’extraordinaire à une superbe rando ? Cela friserait l’ennui, si la garde prétorienne du groupe n’avait pas été si efficace, si vigilante. Avec un professionnalisme qui frise tant la perfection, que peu de personnes ne perçurent le drame.

    Souvenez-vous, si, essayez donc, au lieu d’être si gnangnans ! Pourquoi ? Car vous avez assisté, en direct, à la tentative –avortée- du casse du siècle ! Le coup avait pourtant bien été préparé, à croire que ce circuit Pagnol n’aurait été qu’un habile prétexte. Fermez les yeux, revivez ces moments épiques…

    Le groupe s’est installé sur une pente tapissée de serpolet et de sauge, des jacinthes mauves et jaunes garnissaient le vert des pentes. La bonne humeur est générale, les estomacs se réjouissent, alors que les éléments du drame se sont mis subrepticement en place. Leader maxima Unica est assise, les jambes dans le vide et nous snobe, le dos tourné. M., autre tête pensante du groupe, fait de même. Et alors ? direz-vous. Il y a une troisième personne, qui, elle, nous fait face, le dos vers le vide. Vous y êtes ? Oui ! C’est de la Trésorière que je parle !

    Elle attendait avec la patience de l’araignée qui a déjà tissé une vaste toile, le dernier chèque des cotisations, qu’elle enfourna dans sa banane ventrale. Elle jeta un regard circulaire, jugea l’instant propice, puis appliqua, à la lettre, ce qu’elle avait sans doute appris dans un stage de commandos (Soit disant un stage de comptabilité !). Elle bascula, jambes jointes, genoux serrés, dans le vide, avec une maitrise phénoménale. Les branches de sassafras ployèrent et giflèrent le soleil, au passage du projectile vivant. C’est là, que la garde prétorienne qui ne mangeait que d’un œil (si, on peut le dire) eu ce sursaut fabuleux. Ils se lancèrent dans la trouée verte. Il y eut des han ! Encore des han ! Des bruits de coups sourds, des gémissements et des plaintes, puis le silence. La mine contrite, la Trésorière fut ramenée manu-militari. Que se passa-t-il dans les sassafras ? Quel marché fut mis entre les mains de la bougresse ? Seule la haute hiérarchie peut répondre à cette vraie question. Et dire, que la majorité des présents ne vit là rien de bien méchant, si ce n’est un drame évité. A part, bien entendu, quelques bien-pensants qui suggérèrent que la malheureuse aurait perdu l’équilibre en s’asseyant… Le doute, oui le doute, persiste…

    Plus tard, le grand cœur de la Présidente fut encore une fois révélé. Michèle P., échevelée, qui faisait appel à ses ultimes ressources vitales, inquiéta notre LMU qui crut lire les symptômes du renoncement, dans les yeux voilés par l’effort titanesque.

    -       La pôôôvre, dit la Présidente, émue aux larmes, les mains jointes devant la bouche, dans le geste sublime de la Mater Dolorosa. Ce n’est pas le cœur sur la main qu’elle tendit, mais un Tupperware garni d’UN oreillon d’abricot.

    -       Tiens, tu veux un abricot ? Pour te requinquer…

    Michèle P. tympans bourdonnants, yeux dévorés par la brûlure de la transpiration, esquissa une ébauche de réponse. Profitant de cette incertitude, la Présidente opéra un rapide mouvement arrière, en même temps que ses doigts crochus saisissaient l’oreillon d’abricot, pour le caler derrière ses meilleures molaires. Tant d’innocence transparurent lorsqu’elle demanda, en déglutissant :

    -       Quoi ? Tu as dit quelque chose ?

    Un seul témoin de cette scène surréaliste assista à cette affligeante péripétie. Autant dire que ce témoin gênant évite les zones d’ombre…

    Est-ce pour se rattraper ? Redorer son blason ? Toujours est-il que la bonne Présidente offrit des colifichets, de la verroterie et des cigales en faïence de Taïwan, pour, dit-elle, récompenser les meilleurs marcheurs ! Mais le doute persistait…

     

    Gérard  Stell

     

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