• La Provence à pied 20

    Déjà la vingtième randonnée! N'est-ce pas merveilleux de se promener ainsi, au milieu de ces magnifiques paysages? De ces couleurs? de ces odeurs?

     

     

    La Provence à pied. 20

     

    Circuit de la Pigne à Seillans

    Village médiéval, dans le canton de Fayence, VAR

    Les sœurs Etienne 

     

    Dur, dur. Dur. Il va falloir élaguer. Faire abstraction de sentiments dégoulinants.La Provence à pied 20 Cette sortie vaut 6 pages, interligne simple, et encore, en se restreignant. Alors, allons-y, à la hache…

    Que dire de ce départ bien huilé, depuis le Capitou, l’arrivée à Seillans dans un ordre parfait. Des sourires apaisés apprécient la douceur du mouvement. Les randonneurs se regroupent autour du guide, à Seillans. Subjuguée, pour une fois, LMU écoute le briefing qui décompose chaque phase du trajet. Il insiste beaucoup. Pourquoi ? Le doute titille les plus cyniques. Aurait-il l’intention de nous laisser en plan et courir la gueuse ? La chose se précise après une centaine de mètres. 

    -       J’ai oublié mon portefeuille dans la voiture. 

    Et il se sauve en courant. 

     Son ton était peu crédible. C’est sidérant de constater la force pernicieuse des mauvaises langues, car le revoilà, soulagé. A partir de là commence une ascension vers le Paradis. Comment ? Faut pas exagérer ? En tout cas, cela y ressemble beaucoup. Jugez-en.

    Un chemin encastré dans une profusion d’arbustes en fleurs, ou couverts de bourgeons et de tendres pousses, dans des dégradés d’un vert délicat. Pour nous accompagner, un pépiement d’oiseaux dans tous leurs états, imite les anges. Ce chemin, passage obligé de ceux qui sont assis à la droite de QUI vous savez, est bordé, piqué, serti de tapis de violettes chauffées par le soleil omniprésent. L’odeur suave, presque capiteuse qui pourrait faire perdre la tête à plus d’un, nous conduit vers le pays où les pieds ne font plus que frôler les aspérités des chemins. Un invité inattendu jailli d’un fourré, se joint à nous, et décide de s’imposer. Caramel, chien de son état, grosse boule de poils blancs, yeux pétillants, nous fait la fête. Il nous adopte. Intéressé, en prévoyant notre arrêt pique-nique ? D’ailleurs, il y en a un qui ne cesse pas de bougonner, qui veut s’arrêter et ouvrir son sac. Pas vrai René ? Mais, Filochard, notre guide ne se laisse pas attendrir. Il veut nous mener jusqu’à l’endroit idoine.

    Jusque-là, fait remarquable, peut-être dû à une qualité spéciale de l’air, flotte parmi le groupe, détente, gentillesse. Les accès d’acrimonie, même sporadiques, ne sont pas de mise. Vive l’air pur ! 

    René jubile, Filochard nous dévoile l’aire de pique-nique. Le signal d’arrêt remonte la colonne. Les premiers prennent place alors qu’on entend le cliquetis des bâtons de l’arrière-garde. Ils avancent en déployant bras et jambes, frappent le sol de leurs piques. Il ne manque plus que le crissement d’élytres pour croire à l’arrivée d’un mélange d’insectes prédateurs et de machines infernales. On s’installe. Les randonneurs sont répartis en cercles concentriques, sur un plateau qui offre une vue merveilleuse. Un frémissement se fait sentir. Quelque chose se prépare. Des regards entendus s’échangent. Un signal invisible ébranle la conspiration. Les conjurées se lèvent, se regroupent et se tiennent par les épaules, en ligne, devant le capitaine. Celui-ci ne s’étonne encore pas, tout à son affaire, en train de besogner une cuisse de poulet. Poulet ? Vous avez dit poulet ? Avez-vous vu à la télé ces poules lever les pattes sur un air endiablé de cancan ? Eh bien, vous avez une partie du tableau. Et les voilà qui se mettent à chanter « les rois mages » ! En secouant les gambettes, comme des pros ! De saisissement, le capitaine a juste le temps de bloquer devant les amygdales, le bel os promis à Caramel… Cette scène culte, mythique et d’anthologie marquera les randonneurs à jamais. La folle prestation est suivie par une remise de cadeaux. La Présidente commente chaque objet sorti de la hotte, en insistant lourdement sur la valeur de la chose. Le capitaine reçut une coloquinte gravée de signes cabalistiques… Emu par cet hommage, le capitaine arrive à articuler des remerciements, vite noyés dans une coupe de champagne rosé. Nous étions tous des frères et des sœurs ! Quel instant de grâce…

    Filochard dut se faire violence pour que le groupe se reforme, en vue du retour. Champêtre et bucolique, le sentier happa la colonne et l’attira dans la descente, vers Seillans, toujours avec ce filet de parfum de violette. C’est sur le parking, que Caramel, nous tira sa révérence. Adieu l’ami !

    18 kilomètres dans les jambes, la nuit sera bonne !

    Ah, celles que les mauvaises langues appellent « les vieilles biques » ont marché comme des sherpas, tout en jacassant. Vous, les machos, ça vous en bouche un coin, non ?

     

    Gérard  Stell

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