• La Provence à pied. 10

    Ce serait, peut-être une bonne idée de rassembler les textes de  La Provence à pied avec ses 50 randos. Chaque randonnée serait accompagnée de son itinéraire" cartographique. Ce serait un bel ouvrage de référence pour les amoureux de la randonnée qui voudraient découvrir la Provence... Qu'en pensez-vous? Des amateurs?

     

     

     

     

    Les gorges du Verdon. Styx-Imbut-Montée Vidal

    Canyon à cheval sur les départements du Var et des Alpes de Haute Provence 

     

    La Provence à pied. 1011H05. Des portières claquent. Des silhouettes se courbent, cherchent dans les coffres, chaussures et autres accessoires de marche.

    De grandes bouffées de vent, rafraîchi par les névés, remontent de la vallée pour faire ployer les herbes et les cheveux de l’assemblée, plongée dans les préparatifs. Il faut constater une certaine retenue dans les comportements. Ceux qui savent. Un peu en retrait, l’œil vif et observateur, Darwin grogne de satisfaction. Il est assis dans la cabane au fond du jardin, derrière le bar du col des Leques. En plus de ce qu’il a à faire, il constate, à travers le cœur découpé dans le bois de la porte, que sa théorie est encore une fois validée. La quelle ? Celle sur la sélection des espèces ! Ce qui suscite ce commentaire ? C’est en regardant les 3 rescapés, là, sur le parking. Rescapés de la rando précédente, dont vous entendrez parler. Cela se passait lors de l’ascension du rocher de Roquebrune, pour la sortie des 3 Croix –que l’on peut voir de l’autoroute- Nous avions ce jour-là, 3 nouvelles recrues, dont l’une s’exprima avec des sanglots dans la voix, après avoir crapahuté dans un monstrueux éboulis de rochers.

    -       On m’avait dit, avant de partir, que c’était une promenade…

    Une autre s’étouffa, en entendant la réponse laconique du guide, à une question bien légitime :

    -       Comment on redescend ?

    -       Comme on peut, par où on peut…

    La magie de ce paysage fantastique fut vite oubliée, remplacée par l’angoisse qui tord les tripes. Une de ces duduches de la ville, chaussée de tennis Lacoste, malgré les consignes, psalmodiait à chaque pas :

    -       Je le dirai à papa… si je rentre…je le dirai à papa…

    Cette digression pour expliquer que le col des Leques vit arriver un maximum de troupes fraîches, Comme Pétain, à Verdun, qui pratiquait la rotation des troupes. Cela dit, nous partons à la découverte des fossiles de lamantins et de dugongs, imprimés en relief, dans la roche. Hélas, après quelques centaines de mètres, LMU nous joue une resucée de « Nous sommes paumés ». A cinq spécialistes, vautrés sur la carte déployée, rien d’impossible, ce qui motiva la question cinglante de la Présidente :

    -       Ben alors, on suit le vert ou le jaune ?

    La réponse parvint, véhiculée sur les ondes, par Bouygues : le vert !

    Promenade parmi les fossiles, fort instructive, commentée par la scientifique de service. Arrêt pique-nique, sur le chemin du retour, agrémenté d’un délicieux vin d’oranges amères.

    Les muscles encore chauds permirent la traversée de la route, pour entamer la deuxième phase de la rando. Passages rocheux, raidillons maussades et marches taillées pour des géants, étirèrent la colonne. Le « grand chaos » eut droit à notre visite, après seulement une erreur de direction. Retour, pour ce jour, sous le soleil, ensorcelés par les odeurs fortes de thym, éblouis par un paysage écrasant de majesté. Bonne note pour l’hôtel : repas de qualité (portions un chouïa justes), service rapide et compétent. Allons dormir, demain sera une dure journée.

    Le lendemain, LA descente dans le canyon du Verdon ! Il vaut mieux avoir des genoux et des cuisses en bon état, je ne vous dis pas !

    L’arrivée sur la plage de galets fut accueillie comme une véritable délivrance. L’eau émeraude tenta bien de nous aguicher et de nous retenir avec son chant cristallin, hélas, LMU fit claquer son knout, nous regroupa, et nous lança le long de la berge. Certains passages difficiles, le long de parois entaillées, équipées de mains courantes, rebutèrent quelques âmes sensibles. Heureusement, des bénévoles, toujours les mêmes, surent prodiguer encouragements et félicitations. Agréable repas sur les galets de l’Imbut, avec la sensation d’être écrasé par les parois verticales et violé par le rugissement de la rivière, avalée par un trou béant.

    Pour le retour, il y aura ceux qui seront remontés par le tracé Vidal, et les autres qui se sont défilés. Pourtant, ce n’était pas la mer à boire, surtout pour ceux qui se souvenaient du « Notre Père ». Un soupir de soulagement salua la fin de nos prouesses. Dur, dur, mais superbe !

     

    Gérard Stell

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